25
Août

Quand les jeux vidéo dérangent

Dans un article du dernier Sunday times (dimanche dernier pour les non anglophones), on apprend que Liam Fox, le secrétaire de défense britannique, pense que le dernier Medal of Honor est inacceptable. Malheureusement, ce n’est pas à cause du gameplay vu et revu (d’ailleurs, j’en parle ici) mais à cause d’un point de vue politique : pour lui il n’est pas normal, dans un jeu vidéo, de pouvoir incarner des talibans et de pouvoir recréer leurs actes car cela déforme la réalité et l’opinion de la population.

Je ne comprends pas cet acharnement sur la violence et le réalisme des jeux vidéo. Qu’est ce qui est le plus surprenant à votre avis : Un gamer qui raconte sa soirée de jeux vidéo de la veille à ses amis ou un politique qui reproche à ces mêmes gamers de ne pas savoir faire la différence entre les jeux vidéo et la réalité et de s’y réfugier en cas de problème ?
C’est justement les politiques et les médias qui utilisent les jeux vidéo en cas de problème : « Un jeune a tué son père, la raison invoqué serait les jeux vidéo », « Un grave accident de voiture à tué le jeune conducteur, la raison invoqué serait les jeux vidéo », « les jeunes ne comprennent pas l’importance et implication de nos forces militaires à l’étranger : la raison ? Les jeux vidéo déforme la réalité ».

Et j’exagère à peine. On entend ce genre de news au moins une fois par mois.

Oui, il y a des abus et il arrive que des personnes perdent la tête et font des répliques de jeux mais cela à du arriver que très peu de fois par rapport au nombre de conclusions que font les médias et les politiques. Pourquoi ne jamais se remettre en cause est le leitmotiv de ces personnes ? Pourquoi ne pas comprendre qu’il y a plusieurs raisons si des personnes perdent la tête ou qu’il peut avoir des problèmes de communication qui entrainent des incompréhension et/ou un non intéressement de la population sur un évènement ?

Pour en revenir à la citation de Liam Fox le fait de pouvoir incarner des talibans, et aussi de pouvoir gagner avec eux, ne retranscrit à la réalité et cela met à mal sa politique de défense. Il est à remarquer aussi qu’il ne dit pas un mot sur les films, les livres de fiction ou les séries traitant du même thème parce que ces derniers sont bien ancrés dans notre culture contrairement aux jeux vidéo. Il est très primaire et facile de comprendre que l’on devient agressif envers des choses que l’on de connait pas. Et ces dires sont amplifiés lorsque c’est un politique qui en parle. Je ne dis pas que ces derniers doivent tout savoir sur tout mais ils ont des experts auprès de qui ils se renseignent et malheureusement, pour faire le beau, ils jettent la pierre de façon hâtive sans se rendre compte des conséquences.

A chacun son travail. Celui des producteurs des jeux vidéo est de nous divertir alors que celui des hauts dirigeants est de faire fonctionner le monde.

Maintenant messieurs, il est temps de faire face à la vérité et sachez que lorsqu’on rencontre un problème, il y a 90% de chance que l’on soit l’auteur.

Haa, un bon coup de gueule comme il fait du bien d’en faire de temps en temps.

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Ce billet a été posté le mercredi 25 août 2010 dans la catégorie Ca m'énerve. Vous pouvez suivre les réponses de ce billet à travers ce flux RSS dédié.

Commentaires

3
  1. Le 25 août 2010 cinemaisnotdead a dit :

    Article très intéressant. GTA est souvent invoqué aussi comme un jeu vidéo qui serait le vecteur de violence. Mais ce que beaucoup ne comprennent pas, c’est que justement ces jeux sont des défouloirs ! Et puis pour MOH je ne vois pas où est le problème dans le fait d’incarner des talibans.
    On peut faire le parallèle avec le cinéma horrifique. Tel crime serait imputable à Scream etc etc. Le problème est le même. L’hypocrisie vient aussi du fait que ces médias qui critiquent la violence n’ont aucune leçon à donner puisque leurs journaux télévisés, par exemple, ne cessent de montrer des cadavres, et des vrais cette fois.

  2. Le 25 août 2010 Anis a dit :

    Un sujet qui n’en finira sans doute jamais de faire la polémique, et étant moi-même un joueur assez régulier (sans être un gamer), et bien… je ne sais pas, l’idée me dérange de plus en plus.

    Il n’y a pas si longtemps, j’aurais eu la même réaction que la tienne, mais aujourd’hui, je me pose plus de questions.

    Sans aller jusqu’à dire que les jeux vidéos poussent les gamers à confondre virtuel et réalité (ce qui on est d’accord est rare comme une éclipse martienne), je sens que les jeux nous aident à accepter certaines réalités plus facilement.

    Quand on est quelqu’un avec ses convictions et sa vision du monde, qu’importe les jeux, on a la tête sur les épaules et ça ne risque pas de changer. Mais pour les plus jeunes ou/et les moins éduqués, l’influence est possible.

    Enfin, on est d’accord, le problème vient d’abord de la personne, avant de venir du jeu. Le dernier ne pouvant au mieux être qu’un déclencheur.

  3. Le 25 août 2010 Ymeric a dit :

    Il est certain que pour les gens instables (et par instable, j’entends les personnes qui se cherchent encore et qui n’ont pas de but précis à long terme), les jeux sont un refuge. Mais d’un autre côté, si ce n’est pas les jeux vidéo, c’est autre chose. Alors autant que ce soit saint et sans danger.

    Ceci dit, ce qui m’énerve vraiment dans ce cas la, c’est la manipulation de l’opinion des gens. J’ai l’impression que la phrase « les jeux vidéo sont dangereux » est une vérité générale.