Vous voulez en savoir plus sur drogue ? Voici des billets qui vous permettront d'en savoir plus

07
Juin

THE WIRE « Autopsie d’un système »

Qui n’a jamais eu cette sensation de manque, lorsque le clap de fin retenti ? Lorsque les dernières minutes défilent sous vos yeux, ce petit pincement au cœur ayant pour source de stopper cette relation fidèlement entretenue, épisode après épisode, entre vous et les protagonistes de la série. Adieu donc Mc Nulty, Bunk ou encore le capitaine Daniel’s.

Mais de qui parlons-nous ?  The Wire ou Sur écoute pour les plus anglophobes.

Série crée en 2002 par HBO, connu et reconnu pour ses séries éponymes « Oz, Band of Brother, Six Feet Under« , et qui a connu un succès critique tout au long des 5 saisons que compose ce drama. Car ici,  c’est bien de drame dont on parle … dans cette ville des Etats-Unis, Baltimore, tristement célèbre pour être la city la plus dangereuse des Etats-Unis, où seule drogue et corruption ont survécu à l’âge d’or de l’industrie. A l’instar des villes des grands lacs, comme Chicago ou Detroit, c’est dans une mégalopole  à l’agonie que se déroule la série.

Un seul sujet de départ, la drogue. Trois points de vue différents : les trafiquants de drogue, la police et les « junkies ».

Ce qui tranche radicalement dès le 1er épisode, avec ce qui avait déjà pu ce faire avant, c’est l’orientation quasi documentaire donnée à la réalisation, ce qui impose d’ailleurs un rythme plutôt lent … Ne cherchez pas dans The Wire des explosions à tout va, des  courses poursuites endiablées  …  ici, c’est plutôt mise sur écoute, planque et assignation en justice.

C’est justement la grande force de cette série, explorer tout un pan « réel » du système américain, avec une grande justesse, bien loin des stéréotypes des séries actuelles, qui bien que vendant du rêve avec plus ou moins de talents, n’en offre pas moins une vision totalement faussée. Ici, les enquêtes s’arrêtent  par faute de moyens, les dealers ne roulent pas en Porsche et la rémission des « junkie » est quasi-inexistante.

Bien que l’interprétation soit excellente, avec notamment plusieurs anciens de Oz , c’est pour ma part l’ambiance qui m’a réellement  scotchée au fond de mon fauteuil, tout au long des 63 épisodes. Toute cette misère, ce système pourri, minutieusement décortiqué, analysé, épisodes après épisodes ne pouvait d’ailleurs que me rappeler l’excellent film des frères Hughes Menace II society, qui en 1992, traitait déjà de cette thématique…  et c’est avec une certaine amertume que l’on constate que  10 ans après, c’est un fait de société toujours présent.

Alors, si vous êtes désireux de connaitre cette face caché des États-Unis … de mettre le pied, là ou le rêve Américain lui ne s’est pas aventuré … je ne peux que vous conseiller, ce qui reste pour moi l’une des série les plus captivantes que j’ai pu voir, une analyse sociologique à la fois fascinante et terrifiante du pays de l’oncle sam.

Et si après ca le manque devient trop grand, rassurez-vous, David Simon, le créateur de The Wire, vient de lancer son nouveau show sur HBO Treme, ou l’on évolue auprès des rescapés de l’ouragan Katarina à la Nouvelle-Orléans. Suivre les protagonistes dans une situation désespérée est décidément une thématique chère à ce réalisateur.